Vous avez une maison en vente depuis des mois et vous en parvenez pas à la vendre? Le seul acheteur que vous êtes parvenu à tirer par la manche vous demande une baisse de 35% du prix de vente pour consentir à signer? Vous avez impérativement besoin de cet argent pour boucler vos fins de mois ou au moins cesser de les amputer du remboursement d’un prêt superflu? Je ne sais pas si ça va beaucoup vous consoler, mais vous n’êtes pas le seul. Eric Woerth, ministre du Budget est exactement dans votre cas. Pas à titre personnel (aucune idée des éventuelles pérégrinations immobilières du ministre…) mais bien es-qualité : l’Etat veux vendre quelques-une de ses (nombreuses) propriétés et n’y parvient pas. Et c’est bête, il avait justement besoin de cet argent pour (ne même pas) boucler sa fin d’année, on veut dire son budget. LCI le 16 avril consacre un sujet à cette délicate question et calcule qu’au lieu des 600 millions d’Euros attendus, seuls 395 millions de produits de ventes immobilières sont venus gonfler les ressources de notre Etat « en faillite », pour reprendre le diagnostic désormais célèbre de François Fillon. Enfin, c’était avant la crise, depuis ça n’a pas dû s’arranger beaucoup. La faute à qui? D’après le ministre, la faute « au ralentissement du marché avec la crise et la mise en oeuvre du droit de priorité des collectivités locales ». Puisqu’on vous dit que c’est la faute de la gauche (majoritaire dans les conseils généraux, régionaux et mairies) si l’Etat vend mal ses propriétés ! Enfin, l’affaire de l’imprimerie nationale, vendue en 2003 pour 85 millions avant d’être rachetée (rénovée) en 2007 pour 376 millions, c’est pas la faute des collectivité locales. Rassurons-nous, d’après l’article, l’Etat conserve encore pour 49,3 Milliards d’Euros de propriété immobilière, hors prisons. Pourquoi hors prisons? On en connaît au moins une qui est à vendre, l’ancienne prison d’Avignon.
Comment ferait une famille qui vend sa maison part après part? En mettant certains membres à la porte et en demandant à ceux qui restent de se serrer. C’est exactement ce que fait l’Etat. Serrez-vous, fonctionnaires qui restez ! Pour Eric Woerth, l’objectif de l’Etat est de « parvenir à un ration de 12m2 par fonctionnaire, contre 15m2 dans les administrations centrales et 18 m2 en province ». On n’ose imaginer que le bureau du ministre est concerné. Bonnes occasions pour les acheteurs immobiliers, par contre. On vous conseille de surveiller le site des Domaines, c’est un prix c’est une affaire. Bientôt pour l’achat de deux prisons, une caserne offerte… Et le stylo-plume du ministre, en cadeau !